Le maillot rouge fait aujourd’hui partie des éléments immédiatement associés à la Vuelta. Pourtant, contrairement au jaune du Tour de France ou au rose du Giro, cette couleur s’est installée tardivement sur les épaules du leader du classement général. Depuis la première édition en 1935, orange, blanc, jaune et même or se sont succédé. Et si « La Roja » telle qu’on la connaît n’existe que depuis 2010, le rouge avait déjà fait une apparition bien plus tôt dans l’histoire de l’épreuve espagnole.
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De l’orange à l’or, les nombreuses couleurs du leader de la Vuelta
Lors de la première Vuelta, organisée en 1935, le leader du classement général porte un maillot orange. Une couleur que Gustaaf Deloor conserve symboliquement dans l’histoire puisqu’il remporte les deux premières éditions de la course, en 1935 et 1936.
Après plusieurs années sans Vuelta, la course reprend en 1941 avec un changement : le maillot de leader devient blanc. L’expérience ne dure qu’une édition puisque l’orange revient dès 1942.
La Vuelta va continuer à chercher son identité visuelle au cours des années suivantes. En 1945, le maillot de leader devient rouge. Une information qui permet de relativiser la naissance de La Roja en 2010 : le peloton de la Vuelta avait déjà roulé avec un leader vêtu de rouge 65 ans auparavant.
L’expérience est là encore courte. Entre 1946 et 1950, le leader est identifiable grâce à un maillot blanc traversé par une bande rouge. Après une nouvelle interruption de l’épreuve entre 1951 et 1954, la Vuelta adopte le jaune en 1955.
Cette fois, la couleur s’installe. À l’exception de l’édition 1977, disputée avec un maillot de leader orange, le jaune accompagne le classement général pendant plus de quatre décennies. En 1999, il laisse sa place à l’or. Le « maillot oro » restera utilisé jusqu’en 2009.
Ces changements successifs racontent aussi la construction de l’identité de la Vuelta. Alors que le Tour de France possède son maillot jaune et le Giro son maillot rose, l’épreuve espagnole a longtemps utilisé une couleur déjà fortement associée au Tour avant de s’en éloigner.
En 2010, la Vuelta change une nouvelle fois de couleur. Le maillot or disparaît au profit du rouge. La Roja moderne est née.
Un retour au rouge 65 ans après 1945
Le choix constitue donc davantage un retour qu’une première. Utilisé ponctuellement en 1945, le rouge devient cette fois la couleur durable du leader du classement général. Il permet aussi à la Vuelta de disposer d’un code visuel qui lui est propre et directement lié à l’Espagne.
Mark Cavendish devient le premier coureur à porter cette nouvelle version de La Roja en course lors de l’édition 2010. Vincenzo Nibali est, quelques semaines plus tard, le premier à la ramener jusqu’au terme de la Vuelta en remportant le classement général.
Depuis, le rouge n’a plus quitté la tête de la course. Il faut donc distinguer les records de jours passés comme leader du classement général de ceux réalisés avec La Roja. Alex Zülle, Primož Roglič ou Roberto Heras ont par exemple accumulé de nombreuses journées en tête de la Vuelta, mais tous ne les ont pas effectuées avec le maillot rouge actuel.
L’histoire de l’orange n’a pas totalement disparu pour autant. En 2025, à l’occasion des 90 ans de la première édition, Santini a notamment conçu un kit orange faisant référence au premier maillot de leader porté en 1935.
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Spiuk, Le Coq Sportif et Santini derrière La Roja
Si retracer précisément les fabricants des différents maillots utilisés depuis 1935 reste complexe, la période moderne est mieux documentée.
Lorsque La Roja apparaît en 2010, sa fabrication est confiée à Spiuk. La marque espagnole équipe la Vuelta en 2010 et 2011. Le Coq Sportif prend ensuite le relais en 2012 et reste associé aux maillots de leader jusqu’en 2016.
Depuis 2017, c’est Santini qui fournit les maillots distinctifs de la Vuelta. La marque italienne conçoit et fabrique notamment La Roja dans ses installations de Bergame. En 2026, le partenariat entre Santini et l’épreuve espagnole entre ainsi dans sa dixième saison.
En un peu plus de 90 ans, le maillot de leader de la Vuelta aura donc connu de nombreuses identités. Orange à ses débuts, blanc, rouge, jaune puis or, il revient finalement en 2010 à une couleur déjà aperçue en 1945. Un choix qui s’est depuis installé au point de faire de La Roja l’un des équipements les plus identifiables de la course espagnole.
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