Seka travaille l’aérodynamisme à l’échelle du vélo
Sur l’ExAero, Seka ne cherche pas uniquement à réduire la taille des tubes ou la surface frontale du cadre. La marque indique même que cette dernière augmente de 4,13 % par rapport au Spear, son précédent vélo de route orienté performance.
Le travail s’est davantage concentré sur la manière dont l’air circule autour du cadre, de la fourche, du cockpit et des différents composants. Seka indique avoir collaboré avec AeroCoach et réalisé trois phases de tests en soufflerie durant le développement.
Avec un cockpit Gladius standard et deux bidons ExAero MAG, la marque annonce un CdA pondéré inférieur de 0,00314 m² à celui du Spear équipé de bidons ronds et de porte-bidons aérodynamiques. Cela représenterait 3,68 watts économisés à 45 km/h selon le protocole utilisé par Seka.
Une autre configuration, composée d’un ExAero en taille 52, d’un cockpit Gladius ALTA et des bidons MAG, affiche selon la marque une réduction de 0,00992 m² du CdA par rapport à un Spear configuré avec une position comparable. Le gain annoncé atteint alors 11,63 watts à 45 km/h.
Ces valeurs restent celles communiquées par Seka dans le cadre de ses propres comparaisons. Elles permettent surtout de comprendre la direction prise lors du développement de l’ExAero.
Des bidons intégrés au développement aérodynamique
Les bidons ExAero MAG illustrent cette approche. Leur forme et leur positionnement ont été étudiés en même temps que le cadre afin d’agir sur les flux entre la roue avant, le tube diagonal et la zone du tube de selle.
Le maintien utilise un système Fidlock. Face à deux bidons ronds conventionnels de 74 mm de diamètre, Seka annonce une réduction du CdA pondéré de 0,0047 m² avec deux bidons MAG. À 45 km/h, l’écart correspondrait à 5,49 watts dans les conditions de test retenues par la marque.
Ces bidons sont vendus séparément du kit cadre. Un détail à prendre en compte puisque certaines des performances aérodynamiques mises en avant par Seka reposent sur cette configuration complète.
Le cockpit participe également à cette logique. Baptisé Gladius, il existe en version standard et ALTA. Cette dernière apporte 25 mm de stack supplémentaire à reach identique, ce qui permet d’obtenir une position plus haute sans ajouter autant d’entretoises sous le cintre.
Les deux versions sont proposées dans 19 dimensions. Dans une configuration de 375 x 100 mm, Seka annonce environ 320 g pour le Gladius standard et 335 g pour le Gladius ALTA, hors peinture et accessoires.
Un cadre de 820 g avec un système Wind Eye
L’aérodynamisme n’est pas le seul axe de développement. L’ExAero est proposé avec deux niveaux de construction carbone. En taille 54, le cadre RDC est annoncé à 820 g contre 935 g pour la version Standard. Ces valeurs sont données sans peinture ni pièces métalliques, avec une tolérance de 35 g.
Seka utilise notamment des fibres Toray T1100 et M46J. Le T1100 est placé dans les zones soumises aux contraintes les plus élevées, tandis que le M46J doit permettre de contrôler davantage les déformations.
Le cadre repose aussi sur un procédé de moulage monocoque baptisé True-One-Piece. La volonté est de produire la structure principale en une seule pièce et de limiter les grandes zones d’assemblage par collage.
Face au Spear, Seka revendique une rigidité en hausse de 21,2 % à l’avant et de 7,6 % à l’arrière. La rigidité torsionnelle globale passerait de 367 à 416 selon les mesures de la marque, soit une progression de 13,4 %.
Le système Wind Eye pour faire travailler la tige de selle
La zone la plus identifiable du nouvel ExAero se situe devant la roue arrière. Seka a créé une ouverture autour de la jonction entre le tube de selle et la partie supérieure du cadre, un dispositif baptisé Wind Eye.
Cette architecture doit remplir deux fonctions. Elle participe d’abord au travail effectué sur les flux d’air dans la partie arrière du vélo. Elle permet aussi à la tige de selle de travailler verticalement tout en maintenant un soutien latéral lors du pédalage.
Seka annonce jusqu’à 16 mm de flexion verticale de la tige de selle. L’objectif est ici de conserver un cadre rigide lors des efforts tout en apportant davantage de filtration sur les routes dégradées.
L’ExAero est décliné en sept tailles. Seka fait évoluer certains paramètres de géométrie selon les dimensions afin de conserver un comportement cohérent sur l’ensemble de la gamme. Les bases restent fixées à 408 mm tandis que le trail varie selon la taille.
Le cadre accepte des pneus jusqu’à 32 mm et adopte un boîtier de pédalier fileté BSA 68 mm. Les axes traversants sont en 12 x 100 mm à l’avant et 12 x 142 mm à l’arrière. Seka a aussi retenu le standard SRAM UDH pour la patte de dérailleur.
Avec cet ExAero, Seka ne concentre donc pas son développement sur une seule donnée. Le poids de 820 g attire forcément l’attention, mais le projet se distingue davantage par le travail mené autour du vélo dans son ensemble. Cadre, cockpit, position et bidons sont ici intégrés dans la même réflexion, avec une série de chiffres que les futurs essais terrain permettront ensuite de confronter aux sensations sur la route.

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